23 septembre 2006

DELIRIUM 1 (TRAGIQUE)

Il me semble que si l’on me demandait d’écrire un livre sur ma vie en vacances, le résultat serait tellement atterrant que certains de mes proches prendraient leur tête dans leurs mains plus ou moins chétives et se demanderaient : « Mais comment donc ai-je fais pour rencontrer et me lier d’amitié avec une folle furieuse pareille ?? ».Tarée mentale conviendrait mieux au contexte à mon humble avis, mais il existe des personnes trop altruistes et trop correctes pour utiliser ce genre de termes …

D’autres admirables amies, à qui je dois ma survie en temps que tarée mentale affirmée sur cette pauvre petite planète qui n’en avait absolument pas besoin de cela en plus de tout le mal qu’elle endure déjà me demanderaient : « Camille, n’as-tu véritablement aucune autre préoccupation dans ta vie de tous les jours ? » tout en s’effondrant de rire sur mes bavures. Je leur répondrait simplement : « Non, ô mes très chères amies, non vraiment, car, voyez-vous, sans l’alcool, sans vous, ni mes cousines, je ne suis rien »… Nous partirions ensuite les mains dans les mains, comme des héroïnes de sitcoms plus stupides que moi (et Dieu sait bien qu’ il est dur de m’égaler dans pareille discipline), avec nos accoutrements étranges et nos éclats de rires sous les regards courroucés des français et françaises moyens (vous savez, ces gens qui ont l’étrange habitude de se promener une baguette de pain sous le bras, un béret basque enfoncé sur la tête – à la basque, cela s’entend…- et le nez tout rouge à force d’avoir bu, collés devant leur écran à regarder Zidane marquer ou Jean Pierre Foucault annoncer à Ginette qu’elle vient de gagner un total de cent mille euros – et là même qu’on est très content pour Ginette qu’elle se soit souvenu du nom du chien de Oui-Oui ) venus admirer le coucher de soleil sur Paris-Plage…Nous nous enfuirions, le sourire aux lèvres et siffloterions une certaine chanson paillarde débutant comme ceci « On m’a donné cent sous … ».

Si je concevais la création d’un tel ouvrage, il faudrait bien commencer par le début … Je commencerais donc par le petit déjeuner banal d’une journée tout aussi banale…

Il est en moyenne neuf heures du matin, j’ai été logiquement réveillée par mon sauvageon de frangin pratiquant son rituel de jedi avant de partir à l’école (si vous voulez une idée de l’effet que cela peut produire, « tantannez » la marche impériale très fort juste à côté de la chambre de votre frère/sœur/père/mère/conjoint/colocataire/voisin quand celui-ci/ ceux-ci y dorment et constatez…).

J’extirpe du placard un paquet de spécial K, comme tous les matins banalement banaux… Je m’assied lourdement sur une chaise qui supporte miraculeusement mon poids, et je verse ces choses que l’on a l’habitude d’appeler céréales (même si tout le monde sait que les céréales c’est les trucs comme le blé l’avoine, le seigle, le sésame et tout et tout …) dans un bol dont la circonférence doit approximer les vingt centimètres et le volume les cent centimètres cube…  Les flocons de je -ne - sais - trop - quoi - exactement  tombent dans une quantité avoisinant les 100grammes auxquels j’ajoute cent cinquante de lait. Les inscriptions du paquet blanc (principalement) parlent de comment avoir un corps de rêve, mon esprit me souffle que cela mène à l’anorexie, ma tête endormie ne réagit pas et ma main renverse un peu de lait sur la vieille table de la cuisine…Le rôle de ma main dans cette phase est simple : elle doit amener lait et flocons à ma bouche lamentablement ouverte pendant que mes yeux ne prêtent attention qu’aux instructions de Pablo, le coach péruvien de la marque de céréales, pour devenir une femme accomplie (c’est-à-dire une créature ayant le privilège de pouvoir oser porter un bikini sur la plage et qui attirera tous les gens pas recommandables par ses déhanchements provocateurs)… Revenons-en à ma bouche lamentablement ouverte dans le vide incertain, ayant totalement oublié ce qu’elle était chargée d’attendre et d’ingurgiter… Ma main lui ramène une bouchée (comme le pizzaïolo enfourne une fournée dans le four), celle-ci se referme rapidement sur la mixture moitié spécial K/ moitié lactée, pour la couper, la déchirer et la broyer successivement avec les incisives, les canines, sans oublier les molaires...

JE CONTINUE OU PAS ? REPONDEZ !!!

Posté par darkhoshi à 21:36 - Commentaires [1] - Permalien [#]


Commentaires sur DELIRIUM 1 (TRAGIQUE)

    oui !

    Oui oui oui !! Continue ! Je veux savoir comment va se passer ta lamentable journée ! Et tu m'envoie le tout par mail après comme Thaly avec sa biographie !! ^.^

    Posté par Milix, 25 septembre 2006 à 19:35 | | Répondre
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